Commentaires fermés sur Notre génération face au jugement de l’histoire 56 journaux & 1 blog publient le même éditorial sur le climat (Copenhengue 2009)

Notre génération face au jugement de l’histoire 56 journaux & 1 blog publient le même éditorial sur le climat (Copenhengue 2009)

Globes installés à Copenhague pour la conférence de l'Onu sur le climat

              Globes installés à Copenhague pour la conférence de l’Onu sur le climat
       (Pawel Kopczynski / Reuters)

Notre génération  face au jugement  de l’histoire

 

Aujourd’hui, 56 journaux
dans 44 pays font un geste sans précédent : parler d’une seule voix par
le biais d’un éditorial commun. Nous le faisons parce que l’humanité se
trouve confrontée à une situation d’extrême urgence.

A moins d’unir nos efforts pour prendre des mesures décisives, le
changement climatique va ravager notre planète et, ce faisant,
perturber fortement notre prospérité et notre sécurité. Les dangers
sont devenus tangibles en une génération. Maintenant, les faits
commencent à parler : sur les quatorze dernières années, onze ont été
les plus chaudes jamais enregistrées, la calotte glaciaire de
l’Arctique est en train de fondre et, l’an dernier, la flambée des prix
du pétrole et des produits alimentaires a donné un avant-goût des
terribles bouleversements à venir. Dans les revues scientifiques, la
question n’est plus de savoir si l’homme en est le grand responsable,
mais combien de temps il lui reste pour limiter les dégâts. Cependant,
à ce jour, le monde a réagi avec mollesse et sans enthousiasme.

Le changement climatique résulte d’une action sur plusieurs siècles,
il aura des conséquences qui dureront pour toujours, et nos chances de
le maîtriser vont être déterminées dans les quatorze jours qui
viennent. Nous demandons aux représentants des 192 pays réunis à
Copenhague de ne pas hésiter, de ne pas se lancer dans des discussions,
de ne pas se faire de reproches mutuels, mais de saisir la chance
d’échapper au plus grand échec politique de l’époque moderne. Cela ne
devrait pas être une lutte entre le monde riche et le monde pauvre, ou
entre l’Est et l’Ouest. Le changement climatique nous concerne tous et
doit être résolu par tous.

La science est complexe, mais les faits sont clairs. Le monde a
besoin de prendre des décisions pour limiter les hausses de température
à 2 °C, un objectif qui exigera que les émissions de la planète
culminent et commencent à diminuer dans les cinq à dix prochaines
années. Une hausse plus importante de 3 à 4 °C – la progression la plus
faible que nous puissions espérer en cas d’inaction – dessécherait des
continents, transformant la terre cultivable en désert. La moitié de
toutes les espèces serait vouée à l’extinction, des millions et des
millions de personnes seraient déplacées et des peuples entiers
seraient submergés par la mer.

Date butoir. Peu de gens croient que Copenhague
soit en mesure d’aboutir à un traité totalement finalisé ; les
véritables progrès en ce sens n’ont pu commencer qu’avec l’arrivée du
président Obama à la Maison Blanche et le renversement de tendance
après des années d’obstruction de la part des Etats Unis. Aujourd’hui
encore, le monde se trouve à la merci de la politique intérieure
américaine, car le Président ne peut pas totalement s’engager dans
l’action nécessaire tant que le Congrès américain ne l’a pas fait.

Mais les responsables politiques présents à Copenhague peuvent et
doivent s’entendre sur les éléments essentiels d’un accord juste et
efficace et, ce qui est d’une importance capitale, sur un calendrier
solide devant aboutir à un traité. La réunion de l’ONU sur le climat à
Bonn, en juin prochain, devrait être une date butoir. Comme l’a exprimé
un négociateur : «Nous pouvons jouer les prolongations, mais nous ne pourrons pas nous permettre de rejouer le match.»

Au cœur des négociations, il faudra trouver un accord entre le monde
riche et le monde en développement pour établir comment répartir le
poids de la lutte contre le changement climatique, et comment partager
une ressource devenue précieuse : les quelques milliards de tonnes de
carbone que nous pouvons émettre avant que le mercure n’atteigne des
niveaux dangereux.

Les nations riches aiment souligner la vérité arithmétique qu’il n’y
a pas de solution tant que les géants en développement tels que la
Chine ne prendront pas de mesures plus radicales. Mais le monde riche
est responsable de la plupart du carbone accumulé dans l’atmosphère, à
savoir les trois quarts de tout le dioxyde de carbone émis depuis 1850.
C’est à lui de montrer l’exemple et chaque pays développé doit
s’engager à de fortes réductions pour que ses émissions retombent en
dix ans à un niveau très inférieur à ce qu’elles étaient en 1990.

Justice sociale. Les pays en développement peuvent
faire remarquer qu’ils ne sont pas responsables de la majeure partie du
problème et aussi que les régions les plus pauvres du monde seront les
plus difficiles à sensibiliser. Mais ils vont participer de plus en
plus au réchauffement et doivent de ce fait s’engager de leur côté à
une action significative et quantifiable. Bien que les deux plus grands
pollueurs du monde, les Etats-Unis et la Chine, n’aient pas répondu aux
espoirs que certains avaient placés en eux, leurs récents engagements
sur des objectifs concernant les émissions ont représenté des pas
importants dans la bonne direction.

La justice sociale exige que le monde industrialisé racle ses fonds
de poche et promette des liquidités pour aider les pays les plus
pauvres à s’adapter au changement climatique et aux technologies
propres qui leur permettront de développer leur économie sans augmenter
leurs émissions. Il faut également définir l’architecture d’un futur
traité, avec un contrôle multilatéral rigoureux, des compensations
correctes pour protéger les forêts et une évaluation crédible des
«émissions exportées», afin que le poids soit finalement réparti plus
équitablement entre ceux qui produisent des produits polluants et ceux
qui les consomment. Et l’honnêteté exige que la charge placée
individuellement sur les pays développés prenne en compte leur capacité
à la supporter ; par exemple, les derniers entrants dans l’Union
européenne, souvent plus pauvres que les membres de la «vieille
Europe», ne doivent pas souffrir davantage que leurs partenaires plus
riches.

Espoirs. La transformation va coûter cher, mais
beaucoup moins que la note à payer pour renflouer les finances
mondiales. Et beaucoup moins encore que les conséquences du
laisser-faire. Beaucoup d’entre nous, en particulier dans le monde
développé, devront changer leur mode de vie. L’époque des vols pour
l’aéroport moins chers qu’un trajet en taxi touche à sa fin. Nous
devrons faire nos courses, manger et voyager plus intelligemment. Nous
devrons payer davantage pour notre énergie et en utiliser moins.

Mais le passage à une société à faible émission de carbone porte en
elle la perspective de plus d’espoirs que de sacrifices. Déjà, certains
pays ont reconnu que cette transformation peut apporter la croissance,
des emplois et une meilleure qualité de vie. L’afflux de capitaux parle
de lui-même : l’année dernière, pour la première fois, il a été investi
davantage dans les formes d’énergie renouvelable que dans la production
d’électricité à partir des carburants fossiles. Chasser le carbone de
nos modes de vie en quelques petites décennies sera, sur le plan de la
technique et de l’innovation, comparable aux grandes révolutions de
l’histoire. Mais, tandis que le fait d’envoyer un homme sur la Lune ou
de fissurer l’atome résulte des conflits et des rivalités humaines, la
future course au carbone doit être menée en un effort commun pour
parvenir à un sauvetage collectif.

Vaincre le changement climatique passera par une victoire de
l’optimisme sur le pessimisme, d’une vision de l’avenir sur une vue à
court terme, ce qu’Abraham Lincoln appelait «les meilleurs anges de notre nature».

C’est dans cet esprit que 56 journaux du monde entier se rassemblent
derrière cet éditorial. Si nous, avec nos optiques nationales et
politiques si différentes, pouvons nous mettre d’accord sur ce qui doit
être fait, nos dirigeants devraient pouvoir en faire autant.

Les représentants politiques à Copenhague ont le pouvoir de façonner
le jugement de l’histoire sur notre génération : celle qui a vu le défi
et l’a relevé, ou celle qui était si stupide qu’elle a vu la calamité
qui s’annonçait mais n’a rien fait pour l’éviter. Nous les conjurons de
faire le bon choix.

Traduit de l’anglais par Edith Ochs.

LA SOURCE


(signez et faites l’appel, SVP)


Bésitos à toutes et tous

Eric Bloggeur Citoyen


PS : « L’ECOLOGIE » C’est notre seule chance !

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